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Entre deux départs #1: Pourquoi ai-je ressenti le besoin de partir?

  • Photo du rédacteur: Laura
    Laura
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Si je devais vous raconter le début de cette histoire, je ne commencerais pas par le Maroc.


Je commencerais par moi.


Il y a deux ans, ma vie ressemblait exactement à ce que j'avais construit. J'organisais des mariages haut de gamme pour une clientèle internationale exigeante, une dizaine chaque année, des mariages qui duraient plusieurs jours et où chaque détail comptait. J'adorais ce métier, vraiment. Mais il m'épuisait. Je m'épuisais à vouloir que tout soit parfait, à tout contrôler.


Et puis, comme beaucoup de parents, il y avait aussi tout le reste : la maison, le quotidien, un petit garçon qui avait besoin de sa maman, et cette impression de vouloir être présente partout, tout le temps.


Avec le recul, je me rends compte que je ne vivais plus vraiment. J'avais toujours quelque chose à faire, quelque chose à anticiper, quelque chose à gérer. Ma tête était pleine en permanence, les journées passaient à une vitesse folle et, le soir, j'étais tellement fatiguée que je n'avais plus vraiment d'énergie pour moi.


Je vivais les plus beaux jours de la vie des autres, mais je ne prenais plus le temps de vivre la mienne.


Puis, un après-midi d'août 2024, je suis tombée complètement par hasard sur un Reel Instagram. Je me souviens encore très bien de ce que je regardais : une retraite dans le désert marocain.

Honnêtement, je ne savais même pas que ça existait.

Je connaissais les retraites, bien sûr. J'avais envie d'en faire une depuis longtemps sans jamais passer le cap. Mais une retraite... dans le désert ?

Je suis restée quelques secondes devant mon téléphone et, aujourd'hui encore, je n'ai pas d'explication rationnelle à ce qui s'est passé.


Le désert m'a appelée. C'est la seule façon dont je peux le raconter.


Je n'avais jamais mis les pieds au Maroc. Je ne savais pas où j'allais dormir, je ne savais pas avec qui j'allais partir et je ne savais absolument pas ce que j'allais vivre. Je savais juste une chose : il fallait que j'y aille.

À cette période de ma vie, je ne supportais plus le rythme que je m'imposais, je me sentais épuisée et je me souviens même m'être dit : « Si je ne pars pas maintenant, je vais finir par exploser. »

Alors j'ai réservé, sans vraiment réfléchir. Et pourtant, quand j'y repense aujourd'hui, c'était presque absurde.

Moi, j'étais persuadée d'être quelqu'un qui avait besoin de confort : la climatisation à fond, une vraie douche, un bon lit... Si on partait au camping, il fallait au minimum un mobil-home dans un camping 5 étoiles, avec la piscine, le restaurant. Enfin tout le confort, quoi.

Je n'aurais jamais imaginé choisir volontairement de dormir une semaine dehors, au milieu du désert.

Et pourtant, quelques semaines plus tard, j'y étais.


Je me souviens de ces nuits où je m'endormais avec ce ciel étoilé comme seul toit. Je crois que je n'avais jamais vu autant d'étoiles de toute ma vie. Ce qui m'a le plus marquée, c'est qu'il m'arrivait de me réveiller plusieurs fois dans la nuit. À chaque fois que j'ouvrais les yeux, le ciel avait changé, les étoiles n'étaient plus au même endroit et je trouvais ça magnifique.

J'ai encore du mal à expliquer pourquoi cette image est restée gravée en moi. Peut-être parce que, pour la première fois depuis longtemps, je n'avais rien d'autre à faire que regarder le ciel.


Cette semaine là, j'ai rencontré des personnes extraordinaires : Rosana, Mélina, Bianca, Emma... Des femmes que je ne connaissais pas quelques heures auparavant et qui font encore partie de ma vie aujourd'hui.

Je crois que c'est ça qui me touche le plus quand je voyage. Je ne tombe pas seulement amoureuse d'un pays, je tombe amoureuse des personnes que j'y rencontre.


Et puis il y avait les nomades.

Je pourrais vous parler des dunes pendant des heures, mais si je suis honnête, ce ne sont pas elles qui m'ont le plus bouleversée. Ce sont eux. Leur manière d'accueillir, leur générosité, leur simplicité. Ils avaient l'art de nous faire sentir bien. Vraiment bien.

Je me souviens de ces repas préparés au milieu de nulle part. Des salades, des tajines, des soupes... Le soir, il y avait si peu de lumière qu'on distinguait à peine ce qu'il y avait dans nos assiettes et, pourtant, je crois que je n'ai jamais aussi bien mangé.

Quand quelqu'un cuisine avec amour, ça se ressent. Je crois que c'est vrai pour la cuisine, mais aussi pour la façon d'accueillir les gens. Les nomades me l'ont appris sans jamais avoir besoin de le dire.


Pendant cette retraite, j'ai beaucoup pleuré. Je crois que je retenais énormément de choses depuis longtemps. Je voulais toujours être forte, tout gérer, tout anticiper, tout contrôler. Et puis, petit à petit, j'ai arrêté. Je me suis autorisée à être simplement moi. Pas parfaite, pas la Laura qui organise, pas celle qui trouve des solutions à tout. Juste moi.


Quand je suis rentrée en France, tout était exactement comme avant : la maison, le quotidien, les habitudes... mais aussi le même travail qui m'attendait. Et c'est probablement ça le plus difficile, parce que, même si tout autour de moi était resté identique, moi, je n'étais plus la même.

Quand on revient changé, mais que son environnement, lui, n'a pas changé, il faut apprendre à retrouver sa place.


Aujourd'hui encore, il m'arrive d'essayer de dormir dans mon jardin. Je souris en vous écrivant ça, parce que ça ne se passe jamais comme prévu. Une nuit, il s'est mis à pleuvoir. Une autre, les moustiques ont eu raison de moi. Et une fois, à trois heures du matin, j'ai entendu un énorme « plouf ». Je me suis réveillée en sursaut en pensant que mon fils était tombé dans la piscine.

C'était ma chienne.

Je suis rentrée dans mon lit en riant.


Je n'ai jamais réussi à retrouver exactement les nuits du désert, mais ce n'est pas grave. Parce que je crois que ce n'est pas le désert que je cherche à retrouver. C'est cette sensation, celle d'avoir enfin respiré. Et peut-être aussi la femme que je suis devenue là-bas.


Merci d'avoir pris quelques minutes pour marcher à mes côtés.


À très vite,


Laura


 
 
 

2 commentaires


nicolemagaud
il y a un jour

Magnifique ❤️

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Laura
Laura
il y a 7 heures
En réponse à

Merci de ton joli commentaire ❤️

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